Déplier la table des matières Replier la table des matières
- Devenir intermittent du spectacle : qu’est-ce que ce régime ?
- Devenir intermittent du spectacle : les conditions à remplir
- Devenir intermittent du spectacle : les démarches étape par étape
- Étape 1 : cumuler ses heures et conserver ses justificatifs
- Étape 2 : s’inscrire à France Travail au bon moment
- Étape 3 : demander une ouverture de droits
- Devenir intermittent du spectacle : combien on gagne ?
- Devenir intermittent du spectacle : cumuler intermittence et SASU
- Devenir intermittent du spectacle : les évolutions de carrière possibles
- FAQ
- Peut-on cumuler intermittence et SASU ?
- Faut-il un diplôme pour devenir intermittent du spectacle ?
- Que se passe-t-il si je n’atteins pas les 507 heures à la date anniversaire ?
Le secteur du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel attire chaque année de nombreux artistes et techniciens en quête d’un cadre adapté à l’irrégularité de leurs activités. Pour eux, le régime de l’intermittence représente une véritable bouée de sauvetage entre deux contrats. Bien comprendre ses règles, ses conditions et ses démarches est indispensable avant de se lancer.
Comment devenir intermittent du spectacle ? Combien d’heures faut-il cumuler pour ouvrir ses droits ? Et comment cumuler ce régime avec une activité indépendante en SASU ? Voici le guide complet pour démarrer en intermittence et sécuriser durablement votre carrière.
L’essentiel de l’article :
- L’intermittence n’est pas un statut d’intermittent du spectacle au sens juridique, mais un régime d’indemnisation chômage spécifique géré par France Travail.
- Pour ouvrir des droits, il faut justifier de 507 heures de travail sur les 12 derniers mois au titre des annexes 8 (techniciens) ou 10 (artistes).
- Les contrats sont signés en CDDU (Contrat à Durée Déterminée d’Usage) avec des employeurs du secteur culturel.
- L’inscription à France Travail doit se faire dès que les 507 heures sont atteintes, et au lendemain de la dernière fin de contrat éligible.
- Une SASU peut compléter une activité d’intermittent pour les missions hors annexes 8 et 10 ou pour développer une activité parallèle.
Devenir intermittent du spectacle : qu’est-ce que ce régime ?
Avant de se demander comment devenir intermittent du spectacle, il faut comprendre la nature exacte de ce régime.
Contrairement à une idée répandue, l’intermittence n’est pas un statut juridique propre. Les intermittents du spectacle sont juridiquement des salariés en CDD d’usage (CDDU) qui bénéficient d’un régime spécifique d’assurance chômage défini par les annexes 8 et 10 de la convention France Travail. Ce régime permet de toucher une allocation chômage pendant les périodes sans contrat, en compensation de l’irrégularité structurelle des activités du spectacle.
Deux annexes coexistent :
- Annexe 8 : techniciens et ouvriers du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel (régisseurs, cadreurs, costumiers, éclairagistes, ingénieurs du son, etc.).
- Annexe 10 : artistes-interprètes (musiciens, comédiens, danseurs, chanteurs, etc.).
Il est possible de cumuler les heures effectuées sous les deux annexes. Toutefois, c’est l’annexe dans laquelle vous avez accumulé le plus d’heures qui s’applique pour le calcul des droits.
Devenir intermittent du spectacle : les conditions à remplir
Pour pouvoir prétendre au statut d’intermittence du spectacle et ouvrir des droits d’intermittents du spectacle, vous devez réunir plusieurs conditions cumulatives :
- justifier d’au moins 507 heures de travail sur les 12 derniers mois précédant la fin de votre dernier contrat ;
- ces heures doivent relever des annexes 8 ou 10 et être attestées par des AEM (Attestations Employeur Mensuelles) ou des déclarations Guso ;
- être inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail ;
- être apte physiquement à l’emploi ;
- ne pas avoir quitté volontairement votre dernier emploi sans avoir retravaillé suffisamment ensuite ;
- ne pas avoir atteint l’âge légal de la retraite.
Le nombre d’heures d’intermittent du spectacle se calcule en cumulant les heures réelles de travail (techniciens en annexe 8) ou les cachets pour les artistes en annexe 10. Un cachet isolé vaut 12 heures, un cachet groupé (consécutif) vaut 8 heures. Il faut ainsi environ 43 cachets isolés (43 × 12 = 516 h) ou 64 cachets groupés (64 × 8 = 512 h) pour atteindre les 507 heures.
Devenir intermittent du spectacle : les démarches étape par étape
Les démarches pour devenir intermittent du spectacle, et obtenir la première ouverture de ses droits d’intermittent, se déroulent en 3 étapes principales.
Étape 1 : cumuler ses heures et conserver ses justificatifs
Avant toute inscription, vous devez vous assurer d’avoir atteint les 507 heures via des CDDU avec des employeurs relevant des annexes 8 ou 10.
Conservez précieusement toutes vos AEM et déclarations Guso : un oubli de déclaration peut vous faire perdre des heures, sans possibilité de rattrapage.
Étape 2 : s’inscrire à France Travail au bon moment
L’inscription à Pôle emploi pour les intermittents du spectacle (devenu France Travail) doit se faire au lendemain de la dernière fin de contrat (FCT) relevant des annexes 8 ou 10.
Ce point est crucial : si votre dernière FCT relève du régime général (par exemple un emploi administratif ou commercial), c’est ce régime qui s’appliquera, même si vous avez accumulé suffisamment d’heures spectacle en parallèle.
Vos heures aux annexes 8/10 seront alors « consommées » dans une ouverture non souhaitée, et il faudra recommencer un nouveau cycle d’heures pour rebasculer dans l’intermittence (sous réserve d’un droit d’option).
Vous pouvez retrouver l’ensemble de la procédure d’inscription sur le portail spectacle de France Travail.
Étape 3 : demander une ouverture de droits
Une fois inscrit, déposez votre demande d’allocation depuis votre espace personnel. France Travail vérifie alors votre dossier sur la période de 12 mois précédant la dernière FCT. En cas de validation, vos droits sont ouverts pour 1 an (date anniversaire flottante). Si vous n’atteignez pas les 507 heures à la date anniversaire, une clause de rattrapage de 6 mois est possible si vous justifiez de 338 heures sur 12 mois et de 5 ans d’ancienneté en annexes 8 ou 10.
Devenir intermittent du spectacle : combien on gagne ?
L’allocation journalière (AJ) versée par France Travail dépend des salaires bruts perçus et du nombre d’heures travaillées sur la période de référence. Elle se compose de trois parties calculées selon des formules précises propres aux annexes 8 et 10.
Un montant plancher existe : environ 38 € brut/jour pour les techniciens (annexe 8) et 44 € brut/jour pour les artistes (annexe 10). En pratique, un intermittent qui réunit pile 507 heures peut espérer une allocation journalière située entre 45 € et 75 € brut, selon ses cachets et son ancienneté.
Au-delà des allocations, vous bénéficiez d’une couverture maladie, d’une retraite de base et complémentaire (Audiens), et d’une prévoyance.
Devenir intermittent du spectacle : cumuler intermittence et SASU
Le régime d’intermittence couvre uniquement les heures effectuées sous annexes 8 ou 10. Pour les missions hors champ (formation, conseil, prestations techniques pour des entreprises non culturelles), une SASU ou une micro-entreprise peut être un excellent complément.
Les avantages de la création d’une SASU en parallèle d’une activité d’intermittent sont multiples : possibilité de facturer des prestations hors spectacle, déduction des charges réelles, optimisation entre rémunération et dividendes.
Le statut social du président de SASU (assimilé-salarié) est compatible avec le maintien des droits en intermittence, sous réserve de respecter les règles de cumul fixées par France Travail.
Attention : si vous percevez des allocations en intermittence et exercez en parallèle une activité indépendante, chaque revenu d’activité non salariée doit être déclaré mensuellement à France Travail (chiffre d’affaires en micro-entreprise, rémunération de président de SASU). Une déclaration omise expose à un redressement et au remboursement des allocations indûment perçues. Par ailleurs, le total revenus d’activité + allocations chômage est plafonné à 1,18 fois le PMSS, soit 4 725,90 € brut/mois en 2026 : au-delà, le nombre de jours indemnisables est réduit.
Devenir intermittent du spectacle : les évolutions de carrière possibles
Devenir intermittent du spectacle vous permet de stabiliser vos revenus tout en explorant plusieurs pistes :
- la spécialisation dans une discipline (cinéma, théâtre, danse, événementiel, audiovisuel) qui sécurise un réseau d’employeurs ;
- l’enseignement artistique dans un établissement agréé en lien avec votre métier ;
- la création d’une SASU pour structurer une activité de production, de prestation ou de conseil ;
- la transition vers le CDI dans une grande structure culturelle (théâtre national, télévision, festival) pour ceux qui souhaitent quitter l’irrégularité.
FAQ
Peut-on cumuler intermittence et SASU ?
Oui. Vous pouvez cumuler l’intermittence avec la création d’une SASU en parallèle de votre activité d’intermittent, à condition de respecter les règles de cumul de France Travail. Les revenus de la SASU doivent être déclarés mensuellement et peuvent réduire le montant de vos allocations chômage selon les seuils fixés.
Faut-il un diplôme pour devenir intermittent du spectacle ?
Non. Aucun diplôme n’est exigé pour exercer comme artiste ou technicien du spectacle. Seules comptent les 507 heures de travail effectif au titre des annexes 8 ou 10. En pratique, les formations spécialisées (CFPTS, CNSAD, FAI-AR, écoles de cinéma) facilitent grandement l’insertion dans le réseau.
Que se passe-t-il si je n’atteins pas les 507 heures à la date anniversaire ?
Une clause de rattrapage de 6 mois peut être activée si vous justifiez de 338 heures sur 12 mois et de 5 ans d’ancienneté en annexes 8/10 sur les 10 dernières années. La demande doit être formulée dans les 30 jours suivant la notification de rejet.

